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Guide4 min de lecture

Rapprocher ses encaissements avec sa comptabilité

Pourquoi le montant encaissé n'est jamais celui qui arrive en banque, et comment faire tomber les comptes juste, tous les jours.

Un commerçant qui découvre son premier relevé bancaire pose toujours la même question : pourquoi 47 320 dirhams encaissés cette semaine deviennent-ils 46 691,52 sur mon compte ?

La réponse tient en trois écarts, tous explicables, et un rapprochement quotidien qui prend cinq minutes une fois en place.

Écart 1 : les frais

Le montant qu'un client paie n'est pas le montant que vous recevez. La commission est prélevée sur chaque transaction, et le versement qui arrive en banque est un net.

C'est pour cela que le portail distingue systématiquement trois chiffres sur chaque opération : le montant payé, les frais, et le net. Votre comptabilité a besoin des trois — le brut pour le chiffre d'affaires, les frais pour la charge, le net pour la trésorerie.

Écart 2 : le décalage de versement

Les paiements du lundi créditent votre compte ChariPay le lundi, à l'instant où ils réussissent — l'argent y est disponible sans attendre. Ce qui arrive en banque, en revanche, c'est le versement : l'opération distincte — par virement à la demande, ou automatique chaque nuit dès qu'un compte de règlement est configuré — qui regroupe plusieurs encaissements. C'est ce versement qui apparaît sur le relevé, avec sa propre référence.

Un versement peut donc contenir des paiements de plusieurs jours, et un jour de paiements peut se retrouver réparti sur deux versements. Rapprocher paiement par paiement contre le relevé bancaire est perdu d'avance : c'est le versement qu'il faut rapprocher, et la liste des opérations qui le composent.

Chaque versement porte une référence qui figure sur votre relevé bancaire. C'est votre clé de rapprochement.

Écart 3 : les remboursements

Un remboursement émis le mercredi peut être déduit d'un versement du vendredi. Sur le relevé, il n'apparaît pas comme une ligne séparée : il a simplement réduit le montant versé.

D'où la règle : ne rapprochez jamais un versement sans regarder les remboursements de la période. Un versement anormalement bas a presque toujours cette explication.

Le rapprochement quotidien, en pratique

  1. 1Exportez la journée. L'export CSV des transactions couvre la période que vous choisissez et se lit directement dans un tableur. Au-delà de quelques centaines de lignes, il est plus rapide et plus sûr que la pagination.
  2. 2Totalisez par type. Paiements, remboursements, frais. Trois totaux, pas un.
  3. 3Rapprochez les versements. Pour chaque ligne de votre relevé bancaire, retrouvez le versement correspondant par sa référence, et vérifiez que sa composition explique le net.
  4. 4Isolez ce qui ne tombe pas. Un écart persistant est presque toujours un remboursement oublié, un versement encore en route vers la banque, ou une opération du jour suivant.

La question du fuseau horaire

C'est le piège discret. Une coupure de journée calculée en UTC place les paiements encaissés entre minuit et une heure du matin sur la veille, puisque le Maroc est en UTC+1.

Concrètement : un jour sur deux, votre total ne tombe pas, sans raison visible. Assurez-vous que votre outil de rapprochement découpe les journées en heure marocaine, et non en heure universelle. Les horodatages des exports sont en UTC (format ISO) : c'est à votre outil de faire la conversion avant de totaliser.

Construire l'export qui tombe juste

Le rapprochement se gagne au moment de l'export, pas au moment du pointage. Trois choix de construction font la différence.

Exportez par date de valeur, pas par date de création. Une vente créée le 31 à 23 h 50 et payée le 1er à 0 h 10 appartient au mois suivant. Si votre export mélange les deux dates, chaque fin de mois produira des écarts fantômes qui se compensent — les plus pénibles à expliquer.

Gardez la référence de bout en bout. L'identifiant de transaction ChariPay doit vivre dans votre système — sur la commande, sur la facture, sur l'écriture. Un rapprochement où il faut retrouver la correspondance par montant et par date est une enquête ; avec la référence, c'est une jointure.

Une ligne par mouvement, jamais de montants nets. Une vente de 500 MAD remboursée de 100 MAD est deux mouvements, pas une vente de 400. Le montant net fait tomber les totaux juste... jusqu'au jour où le remboursement change de mois, et plus rien ne s'explique.

Automatiser sans tout réécrire

L'automatisation utile commence bien avant l'intégration comptable complète.

Premier palier : l'export du portail, tel quel, importé dans votre tableur avec les références. Le pointage manuel passe de l'après-midi à la demi-heure.

Deuxième palier : un script quotidien qui appelle l'API, compare les totaux par jour avec votre base, et n'alerte que sur les écarts. Zéro écart, zéro travail — le rapprochement devient un silence qu'on surveille.

Troisième palier seulement : l'écriture automatique dans l'outil comptable. C'est le plus long à fiabiliser, et c'est pour cela qu'il vient en dernier — les deux premiers paliers vous auront déjà appris toutes les subtilités de vos propres flux.

Ce qu'il faut retenir

Ne rapprochez pas des paiements contre un relevé bancaire. Rapprochez des versements, en gardant sous la main les trois montants de chaque opération et les remboursements de la période. Le rapprochement devient alors une vérification, pas une enquête.

Écrit par Équipe ChariPay.

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