Acquisition carte au Maroc : ce que change l'ouverture du marché pour les commerçants
Acquisition carte au Maroc : la décision n° 152/D/2024, l'ouverture au 1er mai 2025, le passage à un modèle multi-acquéreurs, et ce que cela change pour vous.
L'acquisition carte au Maroc — accepter les transactions par carte pour le compte des marchands — n'est plus réservée à un seul acteur. Par sa décision n° 152/D/2024 du 31 octobre 2024, le Conseil de la concurrence a rendu obligatoires des engagements portant sur l'acquisition carte ; son communiqué du 19 mai 2025 indique que les établissements de paiement et les filiales des banques dédiées à l'acquisition, dûment autorisés, peuvent opérer sur ce marché dès le 1er mai 2025. Le communiqué conjoint avec Bank Al-Maghrib du 10 juillet 2026 décrit « la transition d'un modèle mono-acquéreur vers une architecture multi-acquéreurs ». Ce guide reprend les textes date par date, ce qu'ils changent pour vous et ce qu'ils ne disent pas.
L'acquisition carte au Maroc, en une définition
Dans les textes du Conseil de la concurrence, l'acquisition carte désigne l'activité qui consiste à accepter les transactions par carte pour le compte des marchands. C'est le maillon côté commerçant d'un paiement par carte : celui qui fait qu'une vente réglée par carte, en boutique ou en ligne, devient un encaissement pour le marchand. De l'autre côté se trouve la banque du porteur, qui a émis la carte ; entre les deux, des réseaux et des plateformes techniques. Pour la chaîne complète d'un paiement en ligne et le rôle de chaque acteur, la page passerelle de paiement au Maroc en donne le schéma.
Pour un commerçant, la question n'est donc pas théorique : chaque paiement par carte qu'il accepte passe par un acteur qui assure ce rôle, que le commerçant le connaisse ou non. C'est ce marché que la décision de 2024 a ouvert, selon un calendrier précisé jusqu'en 2026.
ChariPay est une plateforme de paiement marocaine, un PSP opéré par Chari Money, établissement de paiement agréé par Bank Al-Maghrib. Si vous voulez voir concrètement ce que fait une plateforme de paiement en ligne — la page hébergée que voit votre client, la confirmation 3-D Secure, l'encaissement dans le portail —, vous pouvez l'essayer sans engagement : Commencer en mode test. Trois champs — nom, e-mail professionnel, entreprise —, un lien d'activation reçu par e-mail pour choisir votre mot de passe, puis le portail, où vous créez votre clé de test et faites un premier paiement avec la carte de test. C'est gratuit, sans limite de durée et sans validation à attendre : la vérification de votre entreprise (KYB) ne conditionne que le passage en production.
Avant l'ouverture : un marché de quasi-monopole
Le point de départ est la décision du Conseil de la concurrence. Par sa décision n° 152/D/2024 du 31 octobre 2024, le Conseil de la concurrence a rendu obligatoires des engagements portant sur l'acquisition carte — accepter les transactions par carte pour le compte des marchands —, un marché jusque-là marqué, selon ses termes, par une situation de quasi-monopole.
Le communiqué conjoint de 2026 parle, pour cette période, d'un « modèle mono-acquéreur » : le maillon de l'acquisition reposait sur un opérateur interbancaire unique. En rendant les engagements obligatoires, la décision a ouvert un calendrier dont les deux communiqués publiés ensuite donnent les étapes et les échéances.
Nous désignons l'acteur historique comme « l'ancien opérateur » ou « un opérateur interbancaire unique » : c'est sa fonction, et non son nom, qui compte pour comprendre ce qui change. Les textes officiels, eux, se lisent en entier sur le site du Conseil de la concurrence, cités en fin d'article.
La chronologie, date par date
| Date | Acte | Ce qu'il dit |
|---|---|---|
| 31 octobre 2024 | Décision n° 152/D/2024 du Conseil de la concurrence | Rend obligatoires des engagements portant sur l'acquisition carte, un marché marqué par une situation de quasi-monopole |
| 1er mai 2025 | Ouverture du marché | Les établissements de paiement et les filiales des banques dédiées à l'acquisition, dûment autorisés, peuvent opérer sur ce marché |
| 19 mai 2025 | Communiqué du Conseil de la concurrence | Indique l'ouverture au 1er mai 2025 et la fin de la période transitoire au 1er novembre 2025 |
| 1er novembre 2025 | Fin de la période transitoire | Date indiquée par le communiqué du 19 mai 2025 |
| 31 janvier 2026 | Échéance de cession, contrats privés | Cession du portefeuille de contrats commerçants de l'ancien opérateur, au plus tard à cette date pour les contrats privés |
| 30 avril 2026 | Échéance de cession, contrats publics | Même cession, au plus tard à cette date pour les contrats publics |
| 10 juillet 2026 | Communiqué conjoint du Conseil de la concurrence et de Bank Al-Maghrib | Décrit la transition d'un modèle mono-acquéreur vers une architecture multi-acquéreurs et rappelle les échéances de cession |
Lu dans l'ordre, le tableau raconte une ouverture en trois temps. D'abord la décision, qui crée l'obligation. Ensuite l'ouverture effective aux nouveaux acteurs autorisés, avec une période transitoire. Enfin la sortie de l'ancien modèle, avec les échéances de cession des contrats commerçants puis, en 2026, la description d'une transition vers une architecture multi-acquéreurs. Chaque ligne renvoie à un texte daté : vérifiez toujours la date d'un article qui en parle, car le sujet a évolué en deux ans.
Du mono-acquéreur au modèle multi-acquéreurs au Maroc
Le communiqué conjoint du Conseil de la concurrence et de Bank Al-Maghrib du 10 juillet 2026 décrit « la transition d'un modèle mono-acquéreur vers une architecture multi-acquéreurs » et rappelle que la décision exigeait la cession de l'intégralité du portefeuille de contrats commerçants de l'ancien opérateur, au plus tard le 31 janvier 2026 pour les contrats privés et le 30 avril 2026 pour les contrats publics.
Qui sont ces acquéreurs possibles ? Le communiqué du 19 mai 2025 indique que les établissements de paiement et les filiales des banques dédiées à l'acquisition, dûment autorisés, peuvent opérer sur ce marché dès le 1er mai 2025, et que la période transitoire prend fin le 1er novembre 2025.
Pour un marchand, l'implication tient en une phrase : pour le maillon de l'acquisition, il peut désormais y avoir plus d'un interlocuteur possible, là où il n'y en avait qu'un. Ce que chacun propose, à quelles conditions et avec quel service, relève de la discussion commerciale, pas des textes.
Ce que l'ouverture change pour un commerçant
Les textes permettent de dire deux choses avec certitude. L'acquisition carte n'est plus réservée à un seul acteur. Et le portefeuille de contrats commerçants de l'ancien opérateur devait être cédé, au plus tard le 31 janvier 2026 pour les contrats privés et le 30 avril 2026 pour les contrats publics.
Ce que cela signifie pour votre propre contrat d'acceptation de la carte — qui le porte aujourd'hui, à quelles conditions, ce qui a changé ou non —, aucun article ne peut le trancher à votre place : votre conseil reste seul à pouvoir se prononcer. En pratique, trois réflexes aident à y voir clair :
- 1Retrouvez votre contrat d'acceptation de la carte, en boutique comme en ligne, et les courriers reçus à son sujet depuis 2025.
- 2Identifiez votre interlocuteur actuel pour ce contrat, et demandez-lui par écrit quelle entité le porte désormais.
- 3Posez la question de l'agrément à tout prestataire : quelle entité est agréée, par qui, et pour quelle activité. La section suivante explique pourquoi.
Une précision importante : cet article ne fait aucune promesse de baisse de prix. Ce que vous paierez dépend du contrat que vous signerez. Si vous comparez des prestataires pour le paiement en ligne, le guide pour choisir sa plateforme de paiement détaille les critères ; nous ne le refaisons pas ici.
La question « qui porte l'agrément ? » compte d'autant plus
Quand plusieurs acteurs peuvent opérer, la question « qui porte l'agrément ? » compte d'autant plus. Derrière une marque commerciale, une page de paiement ou une application, il y a une entité juridique qui détient — ou non — un agrément pour les services qu'elle rend.
Pour ChariPay, la réponse est publique : l'agrément est porté par Chari Money, l'établissement de paiement qui opère ChariPay, agréé par Bank Al-Maghrib dans le cadre de la loi 103-12. C'est cette entité, et non la marque, qu'il faut chercher dans les publications officielles ; la page qui opère ChariPay en donne les mentions.
Pour vérifier, le point de départ est Bank Al-Maghrib. Sur sa page Structure du système bancaire, consultée le 2 octobre 2026, Bank Al-Maghrib indique qu'à fin 2024, 93 établissements de crédit et organismes assimilés étaient agréés au Maroc, dont 18 établissements de paiement. La même page propose à télécharger la liste des établissements arrêtée au 31 décembre 2019 ; les agréments plus récents et les modifications de la liste sont publiés au Bulletin officiel. Nous ne reproduisons aucun nom : une liste recopiée vieillit, la publication officielle fait foi.
Ce qu'est un établissement de paiement, comment il est agréé et ce qu'il peut faire ou non est détaillé dans établissement de paiement au Maroc ; le rôle commercial d'un prestataire et la vérification de son agrément, dans PSP au Maroc.
Ce que les textes ne disent pas
Les textes cités ici sont précis, et c'est une raison de ne pas leur faire dire plus qu'ils ne disent :
- Ils ne disent pas qui acquiert pour une plateforme donnée. Ils ouvrent un marché à des catégories d'acteurs autorisés ; ils ne désignent pas l'acquéreur qui intervient derrière telle ou telle plateforme de paiement.
- Ils ne font ni de ChariPay ni de Chari Money un acquéreur. Rien, dans ces communiqués, ne range ChariPay ou Chari Money parmi les acteurs autorisés au titre de la décision : l'agrément de Chari Money est celui d'un établissement de paiement, au titre de la loi 103-12.
- Ils ne donnent pas de parts de marché. Nous n'en citons aucune, et nous ne faisons aucune prédiction sur la façon dont le marché se répartira.
- Ils ne parlent pas de Stripe ni de PayPal. La situation de Stripe relève d'une autre question, traitée dans Stripe au Maroc.
- Et nous n'ajoutons rien qu'ils ne disent pas. Aucune statistique de détention ou d'usage de la carte, aucune estimation, aucun nom d'acteur.
Cet article ne constitue pas un avis juridique. Les communiqués abordent aussi d'autres aspects du dispositif, qu'il ne reprend pas : pour tout point qui touche votre activité, lisez-les en entier sur le site du Conseil de la concurrence, aux adresses citées en fin d'article ; votre conseil reste seul à pouvoir se prononcer.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que l'acquisition carte ?
C'est l'activité qui consiste à accepter les transactions par carte pour le compte des marchands : le maillon côté commerçant d'un paiement par carte, celui qui transforme une vente réglée par carte en encaissement. De l'autre côté se trouve la banque qui a émis la carte du client. Au Maroc, ce marché était, avant la décision de 2024, marqué, selon les termes du Conseil de la concurrence, par une situation de quasi-monopole.
Depuis quand l'acquisition carte est-elle ouverte au Maroc ?
Depuis le 1er mai 2025. Le communiqué du Conseil de la concurrence du 19 mai 2025 indique que les établissements de paiement et les filiales des banques dédiées à l'acquisition, dûment autorisés, peuvent opérer sur ce marché dès le 1er mai 2025, et que la période transitoire prend fin le 1er novembre 2025. La décision n° 152/D/2024, qui a rendu ces engagements obligatoires, date du 31 octobre 2024.
Que dit la décision n° 152/D/2024 du Conseil de la concurrence ?
Par sa décision n° 152/D/2024 du 31 octobre 2024, le Conseil de la concurrence a rendu obligatoires des engagements portant sur l'acquisition carte, un marché jusque-là marqué, selon ses termes, par une situation de quasi-monopole. Le communiqué conjoint du 10 juillet 2026 rappelle qu'elle exigeait la cession de l'intégralité du portefeuille de contrats commerçants de l'ancien opérateur.
Qui peut désormais opérer l'acquisition carte au Maroc ?
Selon le communiqué du 19 mai 2025, les établissements de paiement et les filiales des banques dédiées à l'acquisition, dûment autorisés, peuvent opérer sur ce marché dès le 1er mai 2025. Ces communiqués ne font ni de ChariPay ni de Chari Money un acquéreur. Pour savoir quelle entité porte l'agrément d'un prestataire donné, partez de Bank Al-Maghrib : selon elle, les agréments plus récents sont publiés au Bulletin officiel, et la publication officielle fait foi.
Que signifie le passage à un modèle multi-acquéreurs ?
Le communiqué conjoint du Conseil de la concurrence et de Bank Al-Maghrib du 10 juillet 2026 décrit « la transition d'un modèle mono-acquéreur vers une architecture multi-acquéreurs ». Pour un commerçant, cela veut dire que le maillon de l'acquisition peut désormais avoir plus d'un interlocuteur possible, là où il n'y en avait qu'un. Les conditions de chacun relèvent de la discussion commerciale.
Qui porte l'agrément de ChariPay ?
L'agrément est porté par Chari Money, l'établissement de paiement qui opère ChariPay, agréé par Bank Al-Maghrib dans le cadre de la loi 103-12. C'est cette entité qu'il faut chercher dans les publications officielles : selon Bank Al-Maghrib, les agréments plus récents et les modifications de la liste des établissements agréés sont publiés au Bulletin officiel. ChariPay ne se présente pas comme un acquéreur.
Mon contrat d'acceptation de la carte est-il concerné ?
Le communiqué conjoint du 10 juillet 2026 rappelle que la décision exigeait la cession de l'intégralité du portefeuille de contrats commerçants de l'ancien opérateur, au plus tard le 31 janvier 2026 pour les contrats privés et le 30 avril 2026 pour les contrats publics. Pour l'effet sur votre propre contrat, votre conseil reste seul à pouvoir se prononcer : demandez par écrit à votre interlocuteur quelle entité le porte.
Les frais d'acceptation de la carte vont-ils baisser ?
Cet article ne fait aucune prédiction de prix : ce que vous paierez dépend du contrat que vous signerez avec votre prestataire. Chez ChariPay, le mode test est gratuit, sans limite de durée et sans engagement. La mise en service coûte 6 000 MAD TTC, réglés une seule fois au passage en production. La commission est un pourcentage par transaction réussie, définie, comme la caution, après étude de votre dossier.
Prochaine étape
Commencez par vérifier qui porte l'agrément de chacun de vos prestataires, à partir de la page de Bank Al-Maghrib et du Bulletin officiel. Pour ChariPay, l'agrément est porté par Chari Money, et vous pouvez voir la plateforme fonctionner avant tout engagement : Commencer en mode test. Pour aller plus loin, lisez établissement de paiement au Maroc et le guide pour choisir sa plateforme de paiement.
Sources
- Conseil de la concurrence — communiqué du 19 mai 2025 sur l'ouverture de l'acquisition carte — lu le 2026-10-02
- Conseil de la concurrence et Bank Al-Maghrib — communiqué conjoint du 10 juillet 2026 — lu le 2026-10-02
- Bank Al-Maghrib — Structure du système bancaire — lu le 2026-10-02
Écrit par Équipe ChariPay.